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Contexte

La désindustrialisation de la France , amorcée dans les années 70, a laissé des traces indélébiles dans notre paysage. Les friches industrielles constituent aujourd'hui le lourd passif des activités qui furent jadis la richesse de nos régions. La réhabilitation de ces sites en milieu urbain est essentiellement basée sur des techniques de génie civil (excavation, confinement des terres polluées) du fait de la présence quasi généralisée de polluants stables comme les éléments-traces métalliques. La pression foncière importante liée aux milieux urbains justifie alors l'investissement conséquent en termes de moyens humains, économiques et paysagers que représentent ces techniques. Lorsque de vastes superficies polluées sont situées en zones à faible taux d'urbanisation, ce mode de réhabilitation est rarement observé. Il en résulte une superficie conséquente de friche industrielle inexploitable pour l'Homme.



Les sous-produits industriels et les terres dépolluées peinent aujourd'hui à trouver des filières de valorisation concrètes, dans le contexte législatif français. Ces matériaux (boues de station d'épuration ou de papeteries, cendres, etc.) le plus souvent considérés comme des déchets, peuvent induire une perte de compétitivité pour nos industries locales, contraintes d'envisager des solutions coûteuses pour les évacuer (incinération, ISDND, etc.).

D'autre part, la demande mondiale en métaux d'intérêt industriel connaît une croissance sans précédent, soutenue par l'essor à l'échelle mondiale des industries électroniques, métallurgiques essentiellement asiatiques. L'expansion des sites d'exploitation des ressources minérales du sous-sol ne pourront à terme satisfaire la demande mondiale. Qui plus est, l'activité minière peut générer des problèmes environnementaux (e.g. accumulation des métaux dans les écosystèmes préservés, drainage minier acide) et impacter la santé humaine lorsque les métaux gagnent la chaîne alimentaire.

Par ailleurs, la France s'est engagée auprès de l'Union Européenne à produire 23 % de son énergie à partir de ressources renouvelables d'ici 2020. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le développement de la filière biomasse-énergie constitue une voie incontournable. La contribution des cultures dédiées est donc en particulier assurée d'un bel avenir. Néanmoins, ce développement se heurte de plus en plus au problème de la mise en concurrence de terres agricoles à vocation de production alimentaire et à vocation de production énergétique.

Enfin, le marché des matériaux fibrés est en pleine croissance à mesure que la nécessité de substitution des matériaux non renouvelables apparaît et trouvent aujourd'hui de nombreuses applications dans l'industrie (bâtiment, transport, habillement).

Le projet LORVER propose de répondre à ces problématiques par des actions et recherches innovantes et concrètes ancrées dans une logique de développement durable à l'échelle régionale :
- la reconstruction de sol et l'amélioration de leur fertilité par la valorisation de sous-produits et de matériaux délaissés,
- la production de biomasse sur sites où une agriculture à vocation alimentaire est exclue à des fins de valorisation énergétique d'une part, et de valorisation en matériaux fibrés d'autre part,
- l'étude des possibilités d'extraction du cadmium et du zinc par phytoextraction d'une plante hyperaccumulatrice.